Zoul de Pandore

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Zoul de Pandore

Message par zoul de pandore le Mer 10 Oct 2007 - 20:54

Zoul et Raoul…

Deux frères, jumeaux nés en des temps ou seul un enfant par famille était toléré par la loi. Cette famille aisée avait beau retourner la situation dans tous les sens aucune solution ne semblait devoir s’imposer. La loi est la même pour tous, riche ou pauvre, roi ou simple serf. Se séparer de l’un d’eux devra être la bonne solution, la seule de toute façon pour ne pas se faire enlever les deux.

Comment décider lequel ? Penchés au-dessus des deux couffins, les parents résignés doivent décider. Zoul, éveillé, souriant, le regard presque déjà affirmé. Ou Raoul, pleurant sans cesse dès qu’un parent quitte la pièce, au besoin perpetuel d’attention, de contact. L’évidence crevait les yeux. Il est des jours ou il vaut mieux inspirer la pitié !

Zoul fut déposé par un serviteur, à des jours de voyage de la demeure familiale devant la modeste ferme d’un petit paysan, sans même un petit mot.

Le père des jumeaux, Vlad, grand serviteur d'Athéna, fit le vœu de ne jamais plus évoquer ces évènements, allant même jusqu’à les occulter. Leur mère mourut du remord de ses actes dans l’année.

Leurs enfances, leurs adolescences furent aux antipodes, l’un ne manquant jamais de rien, dormant dans le confort d’un heureux foyer, l’autre battu comme plâtre par Fistos, son beau-père, forcé de travailler sans relâche pour aspirer à une maigre pitance.

Tout les sépare désormais, vivant à des kilomètres l’un de l’autre, condamnés à ne jamais se rencontrer. Pourtant…

Par une belle matinée d’automne, Raoul et son père, Vlad, partirent à la chasse. Chemin faisant, de lièvre en renard, il partagèrent un moment de complicité comme ils en avaient souvent, on dit que les épreuves resserrent les liens et même si, maintenant, la vie était belle, ce ne fut pas toujours le cas. Alors qu’ils s’étaient arrêtés pour se reposer un instant à proximité d’un point d’eau, ils virent un jeune garçon étendu à terre. Probablement du même âge que Raoul. Apparemment blessé, le garçon restait immobile, silencieux. Ils s’approchèrent afin de voir s’il avait besoin de secours et c’est sur l’instant que Zoul se réveilla. Cette rencontre fut comme une demi-mort pour le père, jamais il n’avait parlé à Raoul de son frère et Zoul, même s’il n’avait aucune chance de connaître la vérité, savait bien que l’homme qui l’élevait ne pouvait décemment pas être son père.

Que voilà une situation difficile à désamorcer, les deux jeunes de 14 ans maintenant, face à face, les yeux dans les yeux. Ce n’est pas une simple ressemblance, ils étaient juste identiques !! Autant la situation était étrange pour Raoul, mais sans plus, autant la sévère réalité explosa littéralement aux yeux de Zoul. Le regard de leur père lui confirma ce qu’il pensait, son malaise, sa surprise, il n’y avait aucun doute, voilà sa vraie famille.

Comment Vlad allait il expliquer son geste à Raoul, il ne se posa même pas la question, ce fut un reflexe, dans l’instant, ça lui sembla la seule chose à faire. Tel un fauve, il bondit sur sa lance posée à terre et la décocha avec toute la violence qui l’habitait dans cet instant en direction de Zoul. On dit que les liens du sang sont les plus forts, pas pour ce père en tout cas, mais contre toute attente, Raoul tenta de s’interposer. L’instinct ou quelque chose comme ça, allez savoir. En tout état de cause, une réaction imprévisible du jumeau béni, un père aveuglé par Dieu sait quel sentiment et c’est le drame. Raoul reçoit la lance et tombe au sol, inanimé. On ne peut décemment pas imaginer ce qui s’est passé dans la tête de Vlad face à l’horreur de la situation. La rage fait place à l’horreur, au chagrin, à l’impuissance face à un fait irréversible.

Le père, comme fou, s’enfuit alors à toute jambe jusqu’à son cheval et disparaît hors de la vue de Zoul, trop lent pour le rattraper. Le jumeau survivant fait alors demi-tour pour aller contempler cette curiosité qu’est ce garçon transpercé par une lance et pleure devant l’évidence. Son frère, ça ne fait plus aucun doute, il est bien son frère, mais il est mort, tué par son propre père, celui là même qui l’avait abandonné peu après sa naissance.

La haine, un sentiment qu’il n’avait jamais éprouvé malgré les mauvais traitements de son beau-père. Il la découvrait aujourd’hui même et avec une telle violence qu’il saurait qu’elle ne le quitterai plus. Il haissait son père pour l’avoir abandonné et pour avoir tué son frère, il haissait maintenant son beau-père qui l’avait maintenu dans l’ignorance, il haissait son frère d’avoir péri à sa place, il se haissait lui-même pour n’avoir pas su réagir. Il haissait la terre entière.

*Quand je pense que jamais je ne les aurai rencontrés si je ne m’étais assoupi en pleine nature, harassé par le travail qu’il m’impose. Il faut qu’il paie*

Il rentra chez lui. Comme à l’accoutumée, Fistos le reçut à sa manière, reproches sur l’heure tardive, sur ses taches non accomplies et au moment ou il s’apprêtait à lever la main sur Zoul, ce dernier se saisit du poignard récupéré à la ceinture de Raoul et laissa exploser sa haine. Il le frappa cent fois, mille fois à l’aide de son arme, plus il le frappait, plus sa haine augmentait. Le paysan était mort depuis plusieurs minutes quand Zoul arrêta de le frapper et s’il pensait retrouver la paix par cet acte de barbarie, point n’en fut. Bien au contraire, il avait aimé ça ! Et il recommencerait !

Depuis ce jour, Zoul fut assailli de cauchemars, de rêves étranges dans lequel une femme lui parlait. Une femme à la beauté froide qui semblait lui indiquer la voie. Elle prétendait s’appeler Kinea et ses paroles étaient à peine audibles, comme si elle parlait une autre langue. Toutes les nuits le même rêve, toujours le même réveil en sursaut en entendant un nom : Hades.

Il y avait un nom au sommet de sa liste, ce nom était Vlad, son propre père. Il se mit en quête de sa proie, mais cette dernière, résidant apparemment bien loin de là restait introuvable. Il interrogeait les passants, les clients dans les tavernes, il allait voir des nécromanciens et autres charlatans qui prétendent posséder quelque pouvoir, mais rien n’y fit. A croire qu’il n’avait jamais existé ou jamais croisé personne. Comment un serviteur d'Athéna, de renom et richissime qui plus est, peut-il passer aussi inaperçu? Quand il ne cherchait pas, il s’entrainait, il voulait devenir fort, il fallait à tout prix qu’il devienne fort afin de terrasser son père le jour des retrouvailles. S’entrainer seul ne suffit pas, il avait été élevé à la dure et du coup, savait encaisser mais le combat, la technique, c’est une autre affaire. Alors quand il écumait les tavernes à la recherche de quelque information sur Vlad, bredouille, il se laissait alors aller à provoquer quelques soldats en repos afin de faire son éducation par le feu. Occasionnellement victorieux, il ne sortait que grandi de ses défaites, il apprenait de chacune d’elle.

*Toujours ces étranges rêves, elle l’appelle, mais que dit-elle ?* -HADES !!!

Au hasard d’une place de village, alors qu’il hélait certains passants afin de glaner des informations, il interrogea un homme robuste, aux vêtements ternes et au teint blafard et se dit en lui-même que même s’il ne savait rien, sa journée ne serait pas perdue sur tous les plans. Ce dernier ne lui répondit pas, ni une, ni deux, Zoul tenta de l’agresser sans savoir sur qui il avait jeté son dévolu. En un éclair il sentit une forte douleur en plein ventre et perdit connaissance…

« Zoul….Zoul, entends tu ma voix ? »
- Qui êtes vous ?
« je suis Kinea, j’œuvre pour le Seigneur Hades »
- Que me voulez-vous ?
« Rejoins nous, ta haine nous intéresse, elle est une précieuse motivation, mais pas une fin en soi, ne blâme que les responsables! Nous pouvons t’apporter beaucoup si tu jures fidélité au Seigneur Hades ! »
- Que m’apporterez-vous ?
« La force et les moyens de te venger, le confort d’appartenir à un clan et la possibilité de retrouver ton frère. Tout cela tu l’obtiendras si tu t’engage à faire de sa volonté, ta volonté. Si tu le sers de tout ton être »
- Mais qui ça ?
« HADES ! »

A son réveil, la nuit enveloppait toute chose. *« me venger », « retrouver mon frère »*. La quête de Zoul changea d’orientation. Il ne cherchait plus Vlad, il ne cherchait même pas Raoul, il voulait rejoindre Hades. Ca l’obsédait. Depuis sa rencontre avec cet homme, son rêve était enfin clair, compréhensible, mais depuis qu’il avait un sens, plus rien d’autre ne comptait.

Son périple toucha à sa fin le jour ou il revit l’homme qui lui avait révélé son rêve, c’était le crépuscule, en lisière de forêt à la limite d’un petit village. L’homme lui fit signe de le suivre et en acquiescant Zoul savait qu’il venait de sceller son destin, sa décision, il l’avait déjà prise et depuis longtemps. Ils marchèrent sans mot dire pendant plusieurs heures dans la nuit. Des heures qui semblèrent des jours. Le chemin qu’ils empruntèrent, Zoul ne saurait pas le refaire en sens inverse… Qu’importe, il ne le voulait pas. L’homme se figea, Zoul fit de même. Une silhouette drapée leur faisait face. Zoul savait qui elle était, c’est elle qu’il venait voir, c’était celle qui servait son nouveau maître, celui là même qui allait lui permettre de réaliser ce qui lui tient à cœur, celui qu’il servirait tout comme elle jusqu’à son dernier souffle, celui pour qui il le donnerait.

La silhouette désigna une direction du doigt, Zoul y vit un homme, il semblait comme hypnotisé, sous son pouvoir. Un pouvoir incommensurable, il le sentait. Cet homme, c’était son père… Zoul sourit….

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