Hideoshi

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Hideoshi

Message par hideoshi le Lun 3 Nov 2008 - 22:25

Je me nomme Hideoshi, fils des terres gelées du Nord, originaire d’un petit village en bordure des côtes de la Mare Suebicum. Mon enfance fut des plus paisibles … du moins à ses débuts.

Mon père, Keran, était l’un des marchands d’ambre les plus connus de la région. Il faisait souvent affaire avec de riches interlocuteurs, et même avec nos seigneurs territoriaux. Nous n’étions pas riches, mais nous vivions comme des princes. La mer à deux pas de la maison pour la pêche, la forêt de l’autre côté pour la chasse et une vaste plaine entre les deux où nous pouvions cultiver certaines denrées collectivement pour nourrir le village. A ne pas oublier également, le volcan qui bordait le tout. Un pic en activité vu que sa lave coulait telle une rivière à l’intérieur d’une grotte débouchant en son pied dans la mer. Heureusement pour nous, notre village était suffisamment éloigné pour ne pas être la proie de ses très rares coulées. Quant à ma tendre mère, Fendra, elle s’occupait de notre foyer.

Etant un « mâle », je me devais d’apprendre l’art de la guerre. Depuis l’âge de dix ans je m’entrainais avec d’autres garçons de mon village, sous les ordres de différents guerriers de notre bourg. Certains d’entre eux m’avaient appris le maniement de l’épée, le maniement de la hache et plusieurs parades afin de me défendre au corps à corps. Je n’étais pas le plus robuste des guerriers parmi ceux de mon âge, mais j’étais celui qui avait le plus d’intelligence au combat. Je perdais rarement, car je préférais observer mon adversaire avant tout, privilégiant la défense à la brutalité de l’attaqué, et ainsi porter une estocade gagnante au bon moment.

Mes rares moments de loisirs, je passais le plus clair de mon temps avec l’une de mes amis, la pétillante Minia. Ses cheveux couleur or qui frôlaient le sol, ses yeux plus bleus que le ciel et sa peau blanche comme la neige m’avaient toujours fait craquer depuis notre plus tendre enfance. Je n’étais encore qu’un enfant quand je me rendis compte de mon amour pour elle, mais ce sentiment resta en moi depuis lors sans jamais quitter mon cœur.

Pour mes seize ans, alors que je devenais un homme, mon père me fit fabriquer une épée magnifique à la fois puissante et très maniable. La garde, la fusée et le pommeau étaient fait d’ambre pur qu’il façonna lui-même. Les deux griffes qui terminaient la garde pouvaient même se rétracter vers le pommeau. Quant à la lame, elle avait été forgée dans les flammes d’une rivière de lave coulant dans une grotte non loin de notre village. Cette grotte, « L’antre de la souffrance », n’était que la débouchée du volcan au pied duquel nous vivions et qui était la source de notre sol fertile. Ce cadeau donc que m’avait fait mon père, signifiait mon entrée dans la vie d’homme. Une entrée qui allait bientôt être marqué par la souffrance …

Un jour, alors que j’étais partis chasser, sur le chemin du retour j’apercevais une fumée épaisse venant de mon village. Je laissais tomber le gibier que j’avais tué ainsi que mon arc, et partis à grande enjambées en direction de mon hameau. Qu’elle ne fut pas mon désarroi en arrivant sur place. Les flammes léchaient encore le chaume des quelques huttes encore debout, le sol habituellement vert était immaculé de sang, et les corps des hommes de la tribu jonchaient le sol. Je courrais en direction de mon foyer, et y vit mon père, étendu devant son seuil. Il était encore vivant, mais une plaie béante dans son ventre laissait présager du pire. Je le pris dans mes bras et sans que je ne dise mot il me parla :


- Poséïdon …
- Quoi père ? Parlez je vous prie.
- Poséïdon …

Voici ce que furent les derniers mots de mon père. Mon dur entrainement de guerrier me permettait de retenir mes larmes. Et la raison l’emportait encore sur la haine dans mon esprit. Juste assez longtemps pour me poser quelques questions. Pourquoi mon père aurait-il nommé le dieu grec des océans ? Serait-ce ses guerriers qui auraient causés ce carnage ? Et où étaient les femmes et les enfants ? De toute évidence enlevée vu que seuls les hommes en âge de se battre étaient tous étendus, mort, à différents endroits de notre village. Mais au fur et à mesure que je me posais ces questions, une haine m’envahi. Je m’en voulais de ne pas avoir été ici pour aider à défendre les miens, je m’en voulais de ne pas savoir où chercher pour les venger. Je sentais en moi monter une colère et une force que je n’avais jamais ressenties auparavant. Une force telle que lorsque je poussais un cri de rage, une violente vague d’énergie surgis de moi et alla finir de consumer l’une des huttes de mon village. Un silence était maintenant revenu sur la plaine et je commençais à creuser les tombes une par une pour les membres de mon clan et de ma famille. Et de nuit, et sans repos aucun. La dernière tombe enfin recouverte et la dernière rune posée, je partis me réfugier dans le seul endroit où je me sentais en sécurité : l’antre de la souffrance.

Pendant près de trois années, vivant comme un hermite, je m’étais entrainé au cœur du volcan, perfectionnant ainsi ma maîtrise du feu et de l’énergie cosmique qui m’habitait. Car c’était cela qui avait surgit de mon corps trois ans auparavant et je vous épargnerais volontiers le passage où je l’appris.

J’avais entendu parler du raid qui avait provoqué la perte de mon village, et les indices ne manquaient pas à l’encontre de ceux que l’on appelait les Marinas de Poséidon. Mais personne ne savait ce qu’ils étaient venus faire ici, loin de leurs terres, et pourquoi ils avaient attaqué mon village. Mon père faisait certes commerce avec eux, partant souvent de long mois pour les côtes grecques, mais personne ne pourrait dire ce qui avait mené un tel carnage.

J’étais maintenant un guerrier robuste et agile, au service de la prêtresse Dalia, l’une des gardiennes du culte d’Odin. En son nom, j’avais tué bien des ennemis et accomplis bien des missions et des quêtes. Refoulant mon amour pour Minia, et mon envie de la retrouver, je servais aveuglement Dalia en temps que guerrier d’élite au sein de son armée. J’avais reçu de ses mains une armure spéciale faite dans un alliage à la fois léger et solide, et étais son plus loyal serviteur.

Un jour, alors que je combattais un ennemi plus fort que moi, j’engageais mes dernières forces dans ce combat et perdis connaissance après avoir terrassé mon adversaire. Je suis revenu à moi dans la grotte que je connaissais si bien et qui était devenu mon repère, mon foyer. A mon poing, ne sachant pas d’où il provenait, était attaché un collier. Je le regardais plus attentivement et m’aperçus qu’il s’agissait en fait du collier que portait Minia quand nous étions enfant …

Pendant les deux années qui suivirent, je me noyais sous l’alcool, jurant sur la seule chose qui comptait pour moi, le collier de Minia, que je n’utiliserai plus ma force pour combattre ne me pardonnant pas d’avoir perdu mon combat et d’avoir trahis la femme que j’aimé. J’avais même fuis les terres qui m’avaient vu naître, pour avancer en direction de la Grèce. Et un jour, alors que je m’étais endormi, ou du moins je le pensais, j’aperçu un guerrier face à moi dans la taverne où je me trouvais. Il était prêt à combattre un autre guerrier qui lui était entouré d’un halo d’énergie mordoré. Ils étaient prêt à faire face dans un combat dantesque, mais c’était alors que le deuxième guerrier me vit, puis s’en alla. Sans aucune raison … L’homme que je fixais, celui à l’aura pourpre, s’approcha de moi et me dis :


- C’est souvent que tu fais fuir les marinas d’un seul regard jeune homme ? En tout cas, je pense savoir pourquoi il a fuit devant toi …
Sa voix m’était familière, et pourtant je ne connaissais pas cet homme. Mais sa voix …
- Si tu cherches des réponses mon garçon. Si tu veux revoir Minia. Prend le chemin qui mène en Epire et aux terres du Nékyomantéion.

Puis il partit sans rien ajouter. Mon état, un soupçon étonné mais totalement aviné, m’empêchait de réaliser quoi que ce soit ou bien même de le suivre. Je tentais tout de même de le faire, mais mon équilibre instable sous l’effet de l’alcool me fit me ramasser copieusement par terre, mon nez embrassant le sol poisseux de la taverne.

Je me réveillais au petit matin dans la rue du village. La bouche pâteuse et la tête prête à exploser. Je me remémorais quelques bribes de la soirée passée et demandais mon chemin afin de me rendre au plus vite en Epire sur les terres, disait-on, du dieu Hadès. L’espoir de revoir ma tendre Minia portait mes jambes fatiguées.

Une nuit, alors que je dormais sous un pont, épuisé par ma marche quotidienne, je me fis attaquer par trois guerriers. L’un d’eux, avant de lancer l’assaut cria un retentissant : « Pour Poséidon, en avant fiers Marinas ». Ne pouvant me défendre suite a mes vœux passés fait a l’amour de ma vie, j’attendais cette mort qui semblait maintenant inévitable. Mais alors que j’étais au sol, roué de coup par mes assaillants, une armée de souris sortis de nulle part, terrassa l’un des trois marinas et fis fuir les deux autres avant de disparaître comme elle était venue. A quelques pas de là, dans l’ombre de la nuit, un jeune homme entièrement recouvert d’une toge était là, m’observant silencieusement. Ce que je pris à premier abord pour un bâton, n’était qu’autre qu’une épée étrange à la fusée unique et à la lame légèrement recourbée. Il m’aida à me relever, et m’emmena dans la taverne la plus proche où m’offrit un repas.

Nous parlâmes un long moment, et j’appris qu’il se nommait Picci. Il était l’un des diplomates du dieu Hadès, se qui m’étonna au vu de l’absence d’aura. Après avoir écouté mon histoire, ce récit dont je ne savais que penser –rêve ou pas – il me dis :


- Ton passé semble avoir été dur. Mais il va te falloir encaisser tout ceci, et peut être même d’avantage. Pour commencer, tu devrais reprendre le combat car c’est de cette façon seulement tu pourras avoir des réponses à tes questions. Ce n’est pas en mourant demain que tu les trouveras …

Je buvais ses sages paroles, alors qu’il ajoutait :
- Si tu le veux, je te conduirais jusqu’à l’un de nos Oracles une fois que j’estimerais que tu es prêt. Tu pourras lui exposer tes problèmes dans l’espoir qu’il puisse t’apporter son aide divine. En attendant, tu dois reprendre un entraînement digne de ce nom afin de rattraper tout ce temps perdu sans combattre. Suis moi !

Pour la deuxième fois de ma vie je devais faire un choix essentiel pour mon avenir mais cette fois si, je n’avais plus rien à perdre. L’espoir de retrouver l’amour de ma vie me gagnait et me faisait avancer encore et encore.

Cela me prit quatre mois pour retrouver ma forme de guerrier. Quatre longs mois à travailler sans relâche jour après jours, subissant les attaques physiques et cosmiques de celui qui était devenu pour moi un frère. Ce temps écoulé, Picci consenti à me conduire à l’un de ses Oracles. Un homme du nom de Nikiolas.
Il nous fallut encore marcher pendant des jours pour qu’enfin nous arrivions devant les portes du Nékyomantéion. La plaine environnante était aride et un climat mortuaire se faisait ressentir en ces lieux. Quelques longues minutes de marche encore, et nous nous trouvions devant l’entrée d’une immense bâtisse : le Palais des Oracles.

A ce moment là, je compris que nul homme, nul Oracle, ne pouvait me donner seul les réponses à mes questions, mais que devait faire parti de ce collectif afin d’avoir l’espoir et le pouvoir de trouver les réponses sur mon passé et de me créer un avenir. C’était en devenant un Spectre, un serviteur de Hadès que je pourrais un jour trouver les réponses à mes questions … et tuer quelques Marinas au passage pour venger mon clan. Je me devais donc de leur prouver ma loyauté.

J’entrais donc dans cette salle luxuriante où les plus grands guerriers de Hadès avaient foulé le marbre noir qui se trouvait sous mes pieds. J’avançais sûr de moi vers cet homme imposant qui devait être l’Oracle dont m’avait parlé Picci pour enfin arriver devant son trône. Là, je me prosternais à ses pieds, serrant fort contre moi le collier de Minia et je lui dis :


- Oracle Nikiolas, je me présente à vous afin de vous demander l’autorisation d’intégrer l’ordre des Spectres de Hadès.


Dernière édition par hideoshi le Mar 4 Nov 2008 - 23:24, édité 2 fois

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