Althaïr

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Althaïr

Message par Althaïr le Mer 10 Oct 2007 - 21:02

Althaïr est mon nom…

Enfant miraculé d’une mère qui se croyait stérile, mon enfance fut heureuse auprès de cette dernière qui me choyait à l’excès. Je ne connût mon père que lors de mon quatrième anniversaire, alors qu’il retrouvait enfin son foyer après plusieurs années de campagnes.

Il fallut qu’il soit grièvement blessé au cours d’un sanglant affrontement pour enfin se décider à se retirer des champs de batailles et venir finir sa vie auprès de nous. Amer et aigri de ne plus pouvoir faire la seule chose qu’il savait faire, se battre, la vie à ses côtés ne fut pas aisée. Il n’avait de cesse de reprocher à ma mère toutes ces attentions qu’elle me portait, pensant, certainement pour mon bien, qu’une éducation plus dure me serait profitable.

Humiliations, provocations, injures et violences, tout était bon à ses yeux pour parvenir à faire de moi un homme comme il disait. Combien de fois ma mère a du me consoler suite à de mauvais traitements de sa part ?

Alors que j’avais à peine onze ans, il prit la décision que je devais marcher dans ses traces et, au grand dam de ma mère, m’envoya en entraînement militaire par le biais d’une de ses connaissances. L’homme en question était un homme froid, grand et qui parlait peu. Un matin d’hiver, il vint chez nous et m’emmena. Ma mère pleura. Mon père la retenait. C’est la dernière fois que je les vis.

Nous partîmes loin ; dans mes rêves les plus fous, jamais je n’aurai imaginé que le monde était si vaste.

Markos, le militaire, agissait avec moi de manière paradoxale. Autant il s’assurait toujours que je ne manquais de rien, autant je n’aurai jamais imaginé un personnage capable d’une telle dureté. Au gré de nos rares haltes, il me dispensait un entraînement sommaire, m’apprenant à tenir les armes plus qu’à les manier. Notre périple dura plusieurs semaines et c’est toute l’expérience dont je disposais lors de notre arrivée à un campement, notre destination finale. J’appris avec effroi que mon baptême du feu aurait lieu deux jours plus tard, à quelques coudées de ce lieu.

Deux jours… Deux jours d’inquiétudes, de réflexions, de craintes… Notre voyage m’avait harassé, je ne me souviens pourtant pas avoir dormi au cours de ces quarante-huit heures.

Le grand jour, je m’en rappelle comme d’un rêve. Tout me semblait si irréel, je ne sais si c’était la fatigue physique et morale ou la peur, mais je n’avais pas vraiment l’impression d’être là. Je dormais éveillé.

La corne de brume sonna… Les hurlements retentirent… Le bruit des pas sur le sol… Sans même m’en rendre compte, je m’étais mis à courir en direction de l’ennemi, tout comme les milliers de soldats qui m’entouraient. Au moment ou nos troupes rencontrèrent les leurs, je me souviens du bruit du choc, ce fut assourdissant. Alors que je me rendais enfin compte de ce qui se passait autour de moi, j’eut une pensée pour ma mère et fut littéralement figé.

Je fus incapable de bouger un seul muscle même lorsque je vis ce barbare lever son arme au-dessus de ma tête. Alors même que j’avais en cet instant accepté l’idée même de mourir, je reçut une éclaboussure de sang qui me frappa d’une telle force que ça ne pouvait pas être le mien. Le barbare baissa son arme et s’écroula. Markos l’avait tué. Il m’avait sauvé la vie.

-Défends toi petit, hurla t’il, comment peux-tu espérer revoir ta famille un jour si tu ne te défends pas ?

La brutalité ambiante, toute cette haine, cette violence autour de moi, je la ressentais, aucun autre choix… Tuer ou être tué ! Je saisi mon épée des deux mains et avec une sauvagerie dont je ne me serais pas cru capable, découpa, trancha, éviscéra tout ceux qui passaient à ma portée.

Ca fait presque dix ans que cette bataille a eu lieu, je m’en souviens comme d’hier. Markos n’y survécut pas… Moi oui. La guerre est vraiment une chose étrange, un guerrier expérimenté peut mourir et un enfant affublé d’une épée trop lourde pour lui peut vivre.

Je suis lieutenant. Depuis cette époque j’ai reçu un enseignement militaire digne de ce nom, je me suis battu, j’ai pris du galon comme on dit. Je reste un exécutant mais je commande une petite troupe et comme à chaque fois avant une bataille, je me remémore ma première.

Avec deux autres camarades lieutenants, nous sommes en poste au même endroit depuis une semaine maintenant et commandons chacun une section d’une dizaine d’hommes. Notre mission est de surprendre l’ennemi dans sa tanière et attendons juste le signal de nos généraux. Ce dernier ne tarda d’ailleurs pas d’avantage, il nous parvint par messager, une seule directive complémentaire dans ce dernier : Aucun prisonnier, aucun survivant !

L’effet de surprise étant déterminant, nous avons lancé tout notre effectif pour une frappe en force, incendiant les maisons, tuant tout ce qui en sortait. Femmes et enfants… Rien que des femmes et des enfants !!! Alors que je me rendais compte de l’horreur qui m’entourait, je hurlai, gesticulant :

-Halte ! Arrêtez !

Aucun de nos soldats ne réagissait, ils continuaient le massacre, suivaient les ordres à la lettre : Pas de survivants ! Alors que je retenais le bras de l’un d’eux avant qu’il ne s’abatte sur une malheureuse victime, je reçus un violent coup de poing qui me projeta au sol. C’était Solis, un autre lieutenant.

-Qui penses-tu être pour discuter les ordres ?

-Mais enfin, regarde autour de toi, Solis, ou sont les guerriers ? Ce ne sont que femmes et enfants !

-Les ordres sont les ordres ! Tu n’es que lieutenant, tu n’as pas à discuter d’une stratégie militaire savamment élaborée !

Alors que je me relevais, le massacre se poursuivait autour de nous.

-Au diable les ordres ! Je suis un combattant, pas un meurtrier !

Un cri plus strident que les précédents me fit me retourner et j’eu à peine le temps de sentir cette douleur derrière la tête. Je m’écroulai.

Je repris conscience là ou j’étais tombé, sans doute laissé pour mort par Solis aux yeux des autres. Peut-être avait-il agit pour me protéger. Cette idée me sied, j’en fis ma vérité. Le décor avait changé, j’étais au milieu d’un charnier baigné de cendres. Il allait falloir commencer à vivre au jour le jour, subvenir à mes besoins par mes propres moyens, fuir, me voici déserteur.

Une année à me cacher, à faire le nécessaire pour survivre. Je retrouvai enfin le sol natal. Rien n’avait changé, à tel point que je crus un instant être parti la veille ! Je frappai à la porte. Pas de réponse. J’entrai. Il n’y avait personne, pire, personne n’avait vécu ici depuis des années. Mes parents ? Certainement décédés.

Le temps passé ne fut dès lors qu’une interminable errance sans but précis, la vie ne m’apportait plus rien et je n’attendais plus rien d’elle.

Un soir, au détour d’une taverne, j’assistai à une troublante scène : Une femme prise à parti par quatre hommes, un enfant était là, c’est lui qui servait les boissons. Apparemment, les quatre hommes étaient des soldats qui fêtaient une quelconque récente victoire et, leur stupidité aidant, s’étaient mis à jouer à qui bousculerait le plus fort le pauvre gosse. La femme était intervenue et, malgré leur surnombre et leur apparente expérience de la violence, ne semblait pas les craindre.

-Laissez le tranquille et vous sortirez peut-être d’ici vivants ! Dit-elle.

Les soldats commencèrent par rire, puis, devant l’arrogance de la femme se dirent qu’ils ne pouvaient pas en rester là. La femme releva l’enfant, le fit passer derrière elle, à l’abri des quatre.

-Je crois que tu as bu quelques verres de trop jeune fille, une bonne leçon ne te fera pas de mal! Rétorqua l’un d’eux.

Au moment ou un vieux réflexe allait me faire bondir de ma chaise pour intervenir, je vis une sorte de lueur violacée entourer la femme et d’un revers de la main elle projeta quelque chose que j’appellerai un « éclair » en direction des soldats qui furent projetés plusieurs mètres plus loin après avoir traversé plusieurs pièces de mobilier.

Se retournant vers l’enfant :
-Tu vas bien ?
Il acquiesça
-Ceux là ne t’embêteront plus !

Se tournant vers le tavernier :
-Si j’entend dire que tu exploites encore cet enfant dans ton bouge mal famé sans même assurer sa sécurité, je serai moins cordiale avec toi que je ne l’ai été avec eux ! On s’est compris ?

Sans mot dire, le tenancier fit signe qu’il avait compris, il était terrorisé !

La femme avala un verre d’une rasade et tourna les talons… Je ne pus m’empêcher de la suivre.

Usant de toute la discrétion dont j’étais capable, je filais la belle jusqu’à sa destination.

*Quel lieu étrange, et cette odeur… Du souffre !?!

Elle entra dans une sorte de grotte béante et au moment ou j’y pénétrais moi-même, entendis sa voix derrière moi !

-Vas-y, donne moi une bonne raison de ne pas te tuer !

-Oh, tu sais, ça fait longtemps que la mort ne m’effraie plus. Marmonnais-je en m’efforçant de ne pas avoir l’air d’être surpris qu’elle m’eut démasqué.

-Tiens donc, un désenchanté… Et que me vaut l’honneur de cette filature ?

-J’étais à la taverne. J’ai vu ta petite « performance ».

-Je vois ! Et tu es tombé sous le charme, c’est ça ? Se moqua t’elle

-Pas exactement !

Elle feignit l’indignation de manière caricaturale.

-En fait, j’ai apprécié ton intervention je ne pensais pas que quelqu’un était encore capable de protéger les faibles pour ce simple fait. D’ailleurs je serais intervenu moi-même si j’en avais eu le temps ! D’où te viennent ces pouvoirs ? Que vas-tu retrouver dans cet étrange lieu ? Qui sers tu? C’est pour avoir des réponses à ces questions que je t’ai suivie. Pour me joindre à ta cause. Pour servir celui qui a le bon sens de punir les lâches et protéger les innocents.

-Tu poses beaucoup de questions pour quelqu’un qui vient de se faire prendre en flagrant délit d’espionnage… Qui es-tu pour commencer ?

-Mon nom est Althaïr, je suis un ancien soldat qui porte aujourd’hui la lourde étiquette de déserteur, mais c’est une longue histoire sans grand intérêt. Veux-tu bien me répondre maintenant ?

-On ne peut pas dire que tu sois très loquace à ton sujet en tout cas, peu importe, il fallait une certaine forme de courage pour me suivre jusqu’ici, je veux bien éclairer ta lanterne. Mes pouvoirs me viennent du cosmos, c’est en quelque sorte l’énergie psychique que chaque être vivant renferme, la maitriser demande un certain don et beaucoup de pratique. Cet étrange lieu comme tu dis est l’une des issues qui mène au Nekyomanteion, le temple du seigneur Hades, ce qui répond également à ta dernière question.

Je ne put dissimuler un mouvement de recul à l’écoute du nom qu’elle venait de prononcer…

-Hades ?Sussurais-je. Dieu des enfers ?

Elle esquissa un sourire entendu

-Il faut bien quelqu’un pour s’occuper du sale boulot. Reprit-elle sur le ton de la plaisanterie, sans doute pour essayer de faire retrouver mon calme.

-En effet. Tu sers donc le sombre maître des ténèbres.

-Ne te méprends pas, régenter les enfers n’est pas une mince affaire et quand je parle de sale boulot, il faut dire que la triste réputation qui l’accompagne n’est pas justifiée. Il est intraitable, certes, mais au moins, avec lui, la justice est appliquée !

J’acquiesçait sans mot dire, me rendant compte que l’opinion populaire était passablement surfaite.

-A toi de me dire ce que tu fais là, Althaïr, tu ne m’as pas suivie par simple curiosité, et certainement moins encore pour tenter de me séduire. Ironisa t’elle.

-Pour dire vrai, je ne sais pas trop ce que je fais ici, c’est comme si le fait de te suivre m’avait été dicté d’instinct. Et je pense que je commence à comprendre pourquoi. Cela fait trop longtemps que j’erre sans but, c’est l’injustice qui m’a amené à cette situation et voilà que je découvre que tu sers celui qui est certainement le plus intraitable des Dieu sur le sujet. Je pense que j’étais destiné à te rencontrer, combattre l’injustice est tout ce que je souhaite, me mettre au service d’Hades me parait être aujourd’hui la seule évidence.

-Parce que tu penses être à la hauteur ? Rit-elle

-Je ferais ce qu’il faut !

D’un air désabusé, elle secoua la tête en un léger signe de négation.

Ose me suivre et renonce à ta vie telle que tu la connais !Reprit-elle d’un ton grâve juste avant de me passer à côté et de s’enliser dans les ténèbres de la grotte.

*Renoncer à ma vie telle que je la connais… Quelle aubaine ! Pouffais-je en avançant d’un pas décidé.

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Re: Althaïr

Message par Althaïr le Mer 10 Oct 2007 - 21:02

Nous descendîmes toujours plus profond dans la grotte et lorsque la lumière commençait à se faire rare, c’est à la sinistre lueur de torches disposées contre les parois que nous nous orientions. Les flammes qui dansaient au bout de ces dernières faisaient onduler les ombres d’une étrange manière, à croire que les parois mêmes de la grotte étaient vivantes.

Soudain elle se figea et scanda :

-Audience demandée auprès du Seigneur Niebelungen !

Une porte que je n’avais pas remarquée auparavant s’ouvrit quelques mètres plus avant. Je mentirais si je disais qu’à cet instant je ne regrettait pas de ne pas être ailleurs.

*Trop tard pour reculer !

Elle se tourna vers moi.

-Nos chemins se séparent ici, tu n’es pas autorisé en tant que visiteur à continuer plus avant. J’ai demandé audience à l’un des oracles d’Hades, tu te présenteras seul devant lui. Dis lui juste que tu viens de ma part. Le reste est entre tes mains !

-Que je viens de ta part, mais je ne sais même pas qui tu es…

-Iimalya… répondit-elle avant de disparaître dans les ombres de la grotte.

C’est sans grande assurance que je franchis la porte. Je me trouvais alors dans une gigantesque pièce ressemblant étrangement à un tribunal. D'interminables colonnes étaient érigées des deux côtés de cette dernière, une sorte de petite guérite était juste devant moi et trois imposants sièges me faisaient face tout au fond. La porte que j’avais franchie se ferma brusquement dans un vacarme assourdissant.

-Althaïr est bien ton nom ?Ces sons résonnèrent dans la salle et semblaient venir de toute part.

C’est à ce moment que je vis que le siège central était occupé, j’étais pourtant certain de l’avoir vu vide quelques secondes auparavant. L’imposant personnage était dans l’ombre et je ne devinais que sa silhouette. Il reprit d’un ton impatient :

-Althaïr est bien ton nom ?

-Oui. Je suis envoyé par Iimalya.

-Je vois… Tu souhaites donc servir Hades ?

-C’est mon vœu le plus cher !

-Sais tu seulement ce que cela représente ? Pas question de désertion ici !

J’eut la désagréable impression que l’homme lisait mes pensées ou alors en savait long sur moi de quelque autre obscure façon.

-Je m’en rends compte, éradiquer le crime et combattre l’injustice sont mes plus grands désirs, je m’en remet au seigneur Hades, je le servirai aveuglément de toutes mes forces, de toute mon âme.

-Soit…

Un long silence s’en suivit… Interminable…

Quand il reprit la parole j’en sursautai.

-Tu devras faire tes preuves. N’oublie pas que nous garderons un œil sur toi aussi longtemps que nécessaire. Va, rejoins le Nekyomanteion.

La porte se rouvrit et je découvrais avec stupeur qu’elle communiquait maintenant avec un lieu autre que la grotte d’avant. Un long escalier de forme sinueuse descendait en direction du temple.

Je m’y élançais !

Althaïr est mon nom, Hades est mon Dieu.

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