La Grande Grèce

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La Grande Grèce

Message par Korgen le Dim 4 Mai 2008 - 0:29

Je laissais derrière moi le Nekyomanteion ainsi que l’armure qui m’a été récemment confiée. J’ignorais encore où mes pas allaient me mener et ce que je cherchais, la seule chose dont j’étais certain c’était que je devais quitter les royaumes helléniques. J’avais préparé un minimum de vivres pour commencer, le reste je le trouverai en chemin.

Je me dirigeais vers le port de Pella où j’avais l’intention de prendre le premier bateau venu. Moyennant quelques pièces à un convoyeur de marchandises il n’était pas difficile de me trouver une place sur son navire. Notre destination était la Megálê Hellás, ou Magna Græcia* comme disent les latins, d’après notre vitesse plutôt lente à cause du manque de vent j’estimais notre arrivée pour dans deux ou trois jours. Je commençais à réfléchir un peu pendant le calme de la première journée et de la nuit mais rien ne venait.
La seconde journée nous essuyions une violente tempête. Après avoir proposé mes talents de navigateur et de marin à l’équipage, nous nous dépêchions de remonter les voiles et d’effectuer les manœuvres d’évitement. Les vagues frappèrent par moments la coque. Un jeune marin en manque d’expérience perdit l’équilibre et fut projeté par-dessus le bastingage. Il nous était impossible de le repêcher.
Une fois la tempête passée nous étions trempés et gelés. Par nature je m’accommodais plutôt bien du froid contrairement à mes compagnons d’infortune qui étaient transis, en revanche l’humidité de mes vêtements était assez gênante. Ce que personne n’avait remarqué, pas même moi – certainement en raison de la fatigue – c’est la vapeur qui se dégageait de mon corps. Après une bonne nuit de sommeil nous étions en vue de Lokroi Epizephyrioi.

Je remontais le littoral par le nord, aidé ça et là par un marchand qui acceptait que je monte dans sa carriole.

Aux abords de la frontière entre la Magna Græcia et le peuple Osci je fus saisi par un spectacle incroyable.


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Depuis la colline où je me trouvais cela ne faisait aucun doute, la montagne dominant les villes alentours était entourée de terres luxuriantes. Cela n’aurait pas été aussi surprenant si cette montagne n’était pas une montagne de feu.



- Surpris ? Pas étonnant de la part d’un homme qui a passé autant de temps dans le domaine d’Hadès.

Cette voix surgissait de derrière moi pourtant je ne ressentais aucune présence. En me retournant je vis une très belle femme au teint clair et aux habits sombres.

- Qui es-tu ?
- Mon nom n’est pas important, ce qui l’est c’est ce que je peux faire pour toi.
- Je ne comprends pas… Comment as-tu su que…
- Encore des questions ! Normal, c’est le but de ton voyage. Tu peux baisser ta garde, je suis là pour t’aider.

Je ne ressentais effectivement aucune intention néfaste émanant d’elle. A vrai dire j’avais du mal à définir son aura, comme si elle était en proie à un grand vide et en même temps à une pléiade de choses contradictoires. Fort heureusement l’anneau du Cocyte ne me quittait jamais. Je tentais de discerner quelque chose mais rien ne vint.

- C’est malpoli de fixer les gens de la sorte, dit-elle sur un ton ironique.

Je n’étais pas au bout de mes surprises puisqu’elle ajouta :


- Ne t’offusque pas guerrier, je sais tout ce qu’il y a à savoir à ton sujet. Notre rencontre n’est pas due au hasard, je suis ici pour te guider. Tu dois être affamé. Allons à Oplontis, nous y trouverons de quoi nous restaurer. En attendant raconte moi ton périple.
- Si tu connais tout de moi pourquoi te parlerai-je ?
- Je reconnais bien là un enfant de Midgard. Je t’écoute.

Au début je ne pouvais me résoudre à entrer dans les détails avec une inconnue. Je me contentais de lui conter quelques banalités comme par exemple la journée agitée sur le bateau marchand. Plus nous faisions route ensembles plus je me sentais en confiance.

Nous étions en périphérie d’une grande cité prospère. Oplontis semblait être l’un de ses faubourgs tout comme Stabiae que nous avons laissé sur notre gauche. Nous étions pris entre la montagne et la mer. Voyant que mon attention se portait vers le monument naturel, mon guide autoproclamé repris la parole :


- Le Vesuvius est la fierté des habitants de Pompeii. Ils pensent que la fertilité de leurs terres est donnée par ce volcan. On raconte qu’Héphaïstos a fait prisonnier le géant Mimas sous du métal en fusion et que les dieux l’ont recouvert de terre fertile pour que les hommes puissent s’installer.
- Mais alors pourquoi n’ont-ils pas fait pareil chez nous ?
- Tu parles du Nekyomanteion ? Les projets des dieux sont incompréhensibles pour les mortels, et puis Hadès vous a confié la corne d’abondance.

Au fil de la conversation et de notre repas j’abordais de plus en plus naturellement les raisons de mon voyage notamment mes difficultés à contrôler un de mes pouvoirs, mon échec lors de la guerre contre Inanna et l’acquisition de mon surplis.

- Ton destin t’a conduit jusqu’ici car c’est là que débute ta première étape, dit-elle en désignant le Vesuvius. Mais assez parlé, remettons nous en route.


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Nous contournions le volcan jusqu’à apercevoir au nord une grotte. Nous pénétrions dans les entrailles de la terre. Au fur et à mesure la température ambiante s’éleva. La mystérieuse femme savait par quels embranchements nous devions passer puisqu’au bout d’un moment nous étions arrivés à destination : une gigantesque cavité bordée sur un côté par un gouffre insondable.

- On dit qu’Héphaïstos avait installé un atelier ici et que certaines armures sacrées auraient été forgées ici.
- Je croyais qu’elles avaient été fabriquées sur un continent disparu.
- Et tu ne t’es jamais demandé pourquoi il existait autant de type d’armures différentes !
- Ben…
- Ca suffit. Je t’adresserai la parole quand tu auras vu plus clair.

Elle venait de conclure la conversation en s’installant dans un coin et fis de même.

Le lendemain je me dis qu’à force de méditation j’arriverai à entrevoir une solution à mes divers problèmes, encore eut-il fallu que l’environnement me permette de me concentrer pleinement. Jusque là je n’arrivais à méditer au maximum qu’au milieu de plaines glacées.
Mais oui ! Ca doit être ça ! Si mon cosmos ne peut atteindre son ultime niveau que dans le froid ça expliquerait ma défaite.
Par contre la 1ère fois que j’ai utilisé le Mjöllnir's Storm c’était lors d’un hiver pas loin de la Skythikos Pontos. Il doit y avoir une autre raison à cet échec.

Je fermais les yeux et essayais d’intensifier mon cosmos en essayant tant bien que mal de faire abstraction de l’environnement et du temps qui passait.

A la fin de la journée la fatigue m’envahissait. Malgré tous mes efforts je ne parvenais pas à me concentrer plus de 2 ou 3 heures d’affilée, du moins c’est ce que j’estimais car en ce lieu il est impossible d’avoir la notion du temps. Et il y avait toujours cette femme qui me fixait constamment, n’était-ce pas elle qui disait que c’était malpoli ? Le plus étrange c’est qu’elle n’avait pas bougé d’un cheveu depuis ce matin.



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Plus les jours passaient mieux je m’accoutumais à l’ambiance de la caverne mais je n’avais pas plus de réussite pour autant.
Dans un ultime élan de vitalité je refis un essai. Contrairement à d’habitude je n’étais pas dérangé par la sueur coulant de mon front. Je sentis la fraîcheur de mon cosmos s’altérer peu à peu. J’avais l’impression qu’il avait pris la température ambiante de la caverne et cela ne s’arrêtait pas là. Il devenait de plus en plus chaud, de plus en plus brûlant pourtant ma peau ne me faisait pas souffrir. Je décidais de maintenir ce niveau pendant un temps prolongé, je n’avais pas l’impression d’être fatigué. Au bout d’un moment il fallait que je sache s’il m’était possible d’aller plus loin.

Mon cosmos gravit de nouveaux échelons jusqu’à ce que la terre se mette à vibrer. J’ouvris les yeux, ce fut comme si toute l’énergie que renfermait mon corps explosa en un coup. Soudainement lave et roches en fusion montèrent là où se trouvait le gouffre tandis que des flammes surgirent de ma peau.
Par réflexe je me roulais en vain par terre. C’est la 2ème fois que ça m’arrive, voyant que ça ne servait à rien et que les flammes ne me dévoraient pas la chair je compris leurs significations.


- SURPLIS VIENS A MOI !

Criais-je dans le vide.


Au Nekyomanteion la paix était revenue. Tandis que Geminimax s’occupait des affaires courantes de la légion, une vibration attira son attention. En se retournant il vit le surplis de Korgen entouré de l’aura violette si caractéristique aux spectres. L’armure s’envola en un éclair, laissant Geminimax à ses interrogations. Le ciel étoilé de l’Epire était ainsi traversé par ce que les habitants prenaient pour une étoile filante.


Le surplis du Scarabée de Feu venait de revêtir mon corps et les flammes s’estompèrent.


- As-tu tes réponses, guerrier ?
- Pas toutes mais certaines. Je dois apprendre à maîtriser plusieurs éléments et pas me suffire d’un seul. Il n’y a que comme ça que j’atteindrai mon vrai pouvoir.
- Sages paroles, tu as plus de ressources qu’on pourrait le croire. Tu reprendras demain. Prends ça, après 3 jours de méditation tu dois être déshydraté.

Comme ça j’étais concentré pendant 3 jours d’affilée. J’avala sans retenue les rations qu’elle me donna ainsi que toute une gourde d’eau et m’endormis sans difficulté.

Je basais la suite de mon entraînement sur la manipulation des flammes. Les semaines passèrent. Je parvenais à re-fluidifier une roche volcanique. C’était encore loin d’être parfait puisque mon pouvoir me permettait de le faire seulement sur une roche de petite taille, et encore après une concentration extrême. A l’heure actuelle je ne pourrai pas atteindre ce niveau lors d’un combat, la préparation étant trop longue.



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Je voulais profiter de mon évolution pour tester ma technique maudite. Ma spectatrice n’eu pas le temps de réagir que les éclairs parcouraient déjà mes mains et que ma raison vacillait.
Des échos résonnaient dans ma langue natale, le cosmos altéré qui m’entourait s’affaiblit, les éclairs disparurent. Je constatais que les paroles en norrois provenaient de cette femme. La puissance de son incantation était telle que je revins à la normale en très peu de temps.


- Si tu blâmes tous les dieux d’Asgard de tes mésaventures tu ne pourras jamais utiliser le pouvoir de Thor. N’oublie jamais que leurs projets sont imperceptibles aux regards des hommes. L’un d’entre eux t’a causé du tord et d’autres voient un intérêt à te garder vivant, les apparences sont très trompeuses.

Bien évidemment je n’avais jamais abordé le complot de Loki, pas plus que mon blasphème envers ces dieux qui m’ont rejeté et elle connaissait visiblement toute l’histoire.
A ses mots s’ajoutait un sourire bienveillant, première expression de sentiment depuis notre rencontre. Ce sourire était d’autant plus difficile à percevoir que son visage n’était éclairé que d’un côté, l’autre restait plongé dans l’ombre.
Ces paroles… Cette apparence… Un doute surgit soudainement dans mon esprit.


- Vous… Vous êtes…
- Elrydia ! Appelle-moi Elrydia.

Dit-elle en m’interrompant. Elle se leva et ajouta :

- Mais ne t’inquiètes pas mon cher guerrier, je t’assure que nous nous reverrons.

Elle disparu dans l’ombre, me laissant seul dans ce volcan. Ses dernières paroles, dites en norrois je les ressasserai encore longtemps.

- Hel…rydia… ?

Je n’avais plus rien à faire ici. Je repris le chemin inverse. Arrivé à la colline où nous nous étions rencontrés, je jetais un dernier coup d’œil derrière moi.

- Vesuvius, Hephaïstos, je vous confie ce lieu. Je reviendrai peut-être… un jour.

C’est vêtu du surplis du Scarabée de Feu que je franchis les portes du domaine. Le temple de la trinité fut ma première destination, je devais soulager Geminimax de la charge qui lui incombait depuis mon départ. D’après ce qu’on m’a dit mon absence a duré près d’une lune et demi, je n’avais qu’une seule envie : laisser ces fichues rations et m’attabler devant nos spécialités culinaires






* La Grande Grèce est une région du sud de l'Italie et de la Sicile colonisée par les Grecs à partir du VIIIe siècle av. J.-C.

Certains noms sont cités en latin car je n'ai pas trouvé de traduction en grec ou par manque d'une traduction en caractères français.
Si vous le souhaitez je peux vous ajouter les noms modernes.


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